nov
09

Le réseau nous coute des fortunes et les délestages continus. Les pannes d’électricité ont touché sporadiquement toutes les régions du Sénégal depuis 2006. Jamais autant de vulnérabilités n’étaient apparues simultanément.L’avenir reste incertain. Certains on prédit les ténèbres mais il semble que c’est plutôt une sorte de mini big bang qui se profile a l’horizon et qui risque d’installer le Sénégal dans un énorme trou noir presque irréversible.

Devant cette situation de délestages continu et généralisé, l’état ne peut pas ne pas intervenir face aux limites prouvées d’un top management de la senelec. Les consommateurs du secteur de l’énergie parlent de situation de crise «insoutenable, inadmissible» devant l’absence de communication de crise de la société en charge de l’électricité. Il urge de prendre des mesures adéquates et rapidement.
Le Sénégal doit repenser sa politique énergétique, se tourner vers les énergies renouvelables, impliquer la veille, la prospective et la recherche développement à l’image des pays qui se concentrent sur un développement énergétique durable. Pour cela l’Etat doit de prendre rapidement des mesures cohérentes et de s’asseoir avec nos voisins africains pour mieux aborder cette question dépendance énergétique.
La crise énergétique mondiale a commencé à émerger dans les années 1970 ; elle est maintenant entrée dans une phase aiguë pendant la première décennie des années 2000. En Afrique la situation énergétique semble être exceptionnelle avec des délestages en a plus finir, un cout du kilowatt heure chère et un droit a l’électricité dont aucun détenteur ne jouie convenablement.

La société en charge de l’électricité, au Sénégal a beau résister mais la machine résiste mal. Son ancien pilote et comandant de bord, passé actuellement a la tour de contrôle du secteur de l’énergie, du haut de sa vigie, peine dans son pilotage malgré les programmes d investissement 2000/ 2007, le projet d’entreprise « suxali senelec » et le multiples sortis médiatiques prédisant la fin de la crise et la baisse des tarifs.

Le Sénégal doit s’orienter vers les meilleures pratiques en termes de politiques, de techniques et de technologies électriques :
 Donner les moyens pour émerger et réussir dans les énergies renouvelables
 Renforcer le partenariat public/privé dans le secteur énergétique et lancer des Offres de types BOT ou BOOT en Hydroélectricité.
 S’inscrire dans une démarche de Smart Grid** et déployer avec la société nationale en charge de l’électricité un réseau plus efficace, plus fiable dans la distribution et capable de s’adapter aux énergies renouvelables.
Un tel plan visant a atteindre les objectifs d’un futur énergétique plus sûr pour le Sénégal doit d’abord prendre en compte les vulnérabilités nombreuses lies aux infrastructures, aux importations pétrolières et a l’ordre mondial et enfin inscrire les énergies renouvelables et l’innovation technologique ( avec les TI) au centre de ses préoccupations.

Vulnérabilités du secteur énergétique

Les Vulnérabilité ne sont pas seulement théoriques pour le Sénégal et pour ses voisins africains. Elles touchent en premier le réseau et les infrastructures qui sont obsolètes dans certains de leurs compartiments .En fait, l’effondrement d’un de ses segments stratégiques à la suite d’une surcharge, d’un accident, d’un événement climatique peut être considéré comme la vulnérabilité la plus importante des systèmes électriques et c’est ce qui est a l’origine de certaines coupures de courant.

Ces vulnerabilites sont aussi lies à l’ordre mondial et à l’approvisionnement en pétrole. Depuis qu’il est devenu un carburant indispensable dans la conduite de la guerre au cours de la première partie du vingtième siècle, le pétrole s’est trouvé au centre des questions militaires et de sécurité internationale pour devenir un bien économique ayant un caractère stratégique immense.
Notre dépendance forte vis-à-vis des importations de Pétrole entraîne un risque élevé de rupture des approvisionnements, ce qui rend ces vulnerabilites plus importantes que jamais du fait que 80 % de la production de la Senelec est liée au pétrole.

Les énergies renouvelables, utopie ou réalité.

Un programme associant des combustibles comme le charbon (qui doit être diminué du fait des émissions de gaz à effet de serre ) aux sources d’énergie renouvelables devrait être entrepris en tant qu’investissement dans un système énergétique soutenable à long terme. Sortir de cette crise veut aussi dire combiner les énergies renouvelables aux T I comme la solution « Smart Grid ».
En termes d’énergie renouvelable il faut envisager l’hydroélectricité, le solaire, l’éolienne…Il faut dire qu’aujourd’hui le renouvelable est devenu une importante source d’énergie économiquement viable. Rien que L’énergie du vent recèle un potentiel immense pour contribuer à la fourniture d’électricité. Les ressources éoliennes terrestres de l’ensemble du Sénégal pourrait concurrencer la production électrique totale au niveau du pays et le potentiel offshore pourrait même s’avérer encore supérieur. Et il est prouvé qu’une utilisation du sol comme le pâturage est compatible avec les éoliennes et peut s’étendre jusqu’au pied des éoliennes.

Si un problème de sol se pose, l’éolienne offshore peut s’avérer être une solution adéquate car Le développement de l’énergie éolienne offshore offre la possibilité d’éviter la plupart des impacts importants des éoliennes installées à terre – grandes surfaces de terrain nécessaires pour l’espacement des éoliennes. Cependant il faut comprendre que l’implantation d’éoliennes offshore n’est pas exempte de possibles impacts négatifs. Il faudra mettre en place des politiques pour voir comment les contourner.

Le solaire quant a lui constitue une source d’énergie incommensurable pour le Sénégal et l’Afrique au sud du Sahara avec le climat tropical très ensoleillé. Le Sénégal dispose en termes d’énergies solaire d’un vaste potentiel pratiquement inexploité et les ressources en énergie solaire seraient mêmes supérieures à celles de l’énergie éolienne, si la production est concentrée dans les zones à très fort ensoleillement.
Avec la baisse (au cours des deux dernières années) du coût des cellules photovoltaïques, les installations de taille moyenne, peuvent devenir rentables dans ces zones ensoleillées. Le solaire et l’éolien devraient également être associés à l’hydraulique et cette dernière peut être utilisée quand les productions éolienne et solaire sont faibles ou nulles.

Contrairement a certains pays comme l’Afrique du Sud ainsi que d’autres pays africains, où l’eau nous fait cruellement défaut le Sénégal peut envisager l’énergie hydroélectrique. Mieux c’est dans ce domaine précis que la coopération énergétique régionale devra se faire avec des pays comme le Congo qui disposent d’un potentiel fabuleux. Selon Mr Valli Moosa qui dirige l’entreprise sud africaine Eskom (première société africaine dans le secteur de l’énergie) « Un grand projet de construction de barrages sur les parties les plus rapides du fleuve Congo pourrait théoriquement permettre de produire plus de 40 000 MW, soit de quoi alimenter tout le continent », pour dire simplement que l’hydroélectrique a de beaux jours devant elle en Afrique.
Au delà du solaire, de l’éolienne et de l’hydroélectricité, d’autres formes d’énergie doivent être envisagée comme la biomasse, la cogénération et les biocarburants de dernière générations qui ne concurrencent pas les cultures vivrière et ne détournent les terre cultivables. Une telle démarche suppose évidemment des coûts d’investissements importants mais aussi une réelle volonté politique de changer les choses. Volonté politique qui doit précéder les multiples études de faisabilité détaillée commandées par les états africains et qui n’aboutissent à rien.

il y a également le « Crédit carbone » qui est un mécanisme de financement du « renouvelable » . Pour cette démarche il faut dire que c’est le protocole de Kyoto visant la réduction des émissions de gaz à effet de serre au niveau mondial, qui récompense les projets respectant l’environnement. C’est une dynamique séduisante et des pays comme le Maroc en ont bénéficie avec l’instauration de technologies de réduction des émissions dans le pays.

Au delà de la question liée à la production, on note plusieurs axes d’améliorations nécessaires à l’optimisation du secteur de la distribution et du transport de l électricité. Handicapée par les faiblesses criantes d’un réseau de distribution électrique défaillant, le Sénégal doit travailler dans la logique de mise en place d’un réseau intelligent entièrement informatisé. Pour cela une collaboration étroite de type PPP doit voir jour pour le déploiement d ‘un réseau de distribution d’électricité plus interactif à terme, grâce aux TI. Avec un partenaire informatique fiable, la Senelec peut arriver a une gestion optimale de l’information électrique.

La presse évoque un nouveau concept de réseau électrique novateur, l’Intelligrid, ou grille intelligente, capable d’assurer une bonne corrélation entre les sources de production et la demande d’électricité, ce en permanence et en temps réel.

Aboubacar Sadikh NDIAYE
Consultant /chroniqueur Indépendant

*Contribution parue dans le magazine Nouvel Horizon – Senegal
*Smart Grid (réseaux de distribution intelligents):Réseau basé sur l’intelligence et les moyens de communication des infrastructures

nov
07

C’est au terme du dernier quart temps que l’arbitre donnait le coup de sifflet final. Ce gong déstabilisateur pour l’équipe du Mali fut libérateur pour le peuple sénégalais assoiffé de titre depuis 2000. L’afro basket 2009 nous a été favorable et nous a propulsé sur le toit de l’Afrique. Les Lionnes ont gagné le titre

Cette ultime confrontation entre les lionnes du Sénégal et les aigles du mali était décisive : reconquérir le titre ou le laisser filer entre nos mains. Devant la ténacité des aigles du Mali, qui nous ont traqué et humilié en 2007 a Dakar, l’équipe du Sénégal était contrainte de prendre sa revanche. Et finalement tout a fonctionné chez les lionnes. La défense était présente, les joueuses étaient lucides et le mental au rendez vous. Cette formation sénégalaise conduite par le coach Tapha Gaye était ce soir là au sommet de son art. Que des attaques fécondes inspirant un collectif sur de lui-même, courageux et égal à lui-même. La dream team sénégalaise amenée par l’innarretable Aya Traoré a surpassé l’équipe adverse sur tous les compartiments du jeu, sur la stratégie, le physique, et la combativité. Nos joueuses étaient les meilleures sur tous les compartiments du jeu. L’équipe du Sénégal a fini par tout remporter et rentrer une nouvelle fois dans l’histoire pour écrire les plus glorieuses pages du basket africain.

En remportant ce titre pour la dixième fois, le staff technique et les fédéraux sénégalais ont atteint leur objectif : la reconquête du titre continental. Le chemin fut long et parsemé de soirs de défaites, et de bourdes mais le front office de notre équipe conduit par Ndiaga Diop n’ a pas été dépassé cette fois ci par les assauts maliens. Il faut ajouter à cela que nos lionnes tout au long de ce championnat ont très souvent évolué avec un rythme de jeu et des dispositifs tactiques d’un grand art, qui poussaient leurs adversaires au bout.

Et ce titre est une consécration. Il était à notre portée car nous étions favoris dés le départ au sortir de cette dernier édition des jeux de la francophonie ou les lionnes se sont éclipsées en finale. Le réveil a été dur mais le mot d’ordre était clair : réussir l’Afro basket 2009. L’équipe du Sénégal s’est globalement bien comportée tout au long de ce tournoi. Elle a joué sa partition et le dernier violon a été bien accordé et l’histoire ne retient que les vainqueurs.

Gathié Ngallama !

Aboubacar sadikh ndiaye

nov
04

Apres la dernière unanimité… contre lui, facebook fait naitre de nouveaux détracteurs. Aujourd’hui beaucoup d’utilisateurs de ce réseau social avouent être déçus par la nouvelle version rendue public en fin de semaine. Pour eux Facebook a peut être trahi l’esprit 2.0 (lire deux point zéro) dans lequel l’utilisateur est au cœur de tout.

FAUT ETRE FIDELE A L’INTERNAUTE 2.0

L’internaute 2.0 est au cœur du nouveau web. Ce nouveau web, « 2.0 » ou web social est entre les mains du consommateur web qui est devenu acteur et ne consomme plus pour consommer. Ce consommateur responsable ou consom-acteur produit des contenus et des applications qui font vivre et évoluer les plateformes 2.0. Pour FACEBOOK c’est plus de 300 millions de consommateurs ou membres qui ont fait qu’aujourd’hui le business model « Facebook » est rentable. Pour eux Facebook aurait du lancer le cri « de guerre 2.0 » : Aidez nous à améliorer Facebook !

FACEBOOK, L’INFOBESITEUR !

La nouvelle version de Facebook serait responsable de l’infobesité chez les Facebookers. L’infobesité (contraction entre information et obésité est un buzz word qui traduit une surcharge d’informations) est liée au fil d’actualités généré par la nouvelle version de facebook. Ce fil mélangeant « le tout dans le tout » ne permet plus de gérer son mur convenablement et d’accéder à ce qui est réellement nécessaire. On dirait une sorte de twitter qui publie (sur notre précieux mur) en plus des infos habituelles ce que font nos amis pour dire “pas besoin d’aller sur leurs murs”. Du coup nous devenons surinformés. Déjà plusieurs centaines de milliers de facebookers s’organisent sur ce même reseau autour du groupe Contre le nouveau facebook pour crier« Rendez nous l’ancien facebook. Vive l’ancien Facebook ! » .

A ce rythme la nouvelle version de facebook ne fait pas l’unanimité et est perçue comme une intruse. Cela ne milite pas en faveur de facebook qui est aujourd’hui engagé dans une guerre économique contre Twitter afin de devenir la première application à accueillir 1milliard de membres et incarner la Killer Application .

Facebook 1.0 ou 2.0 à vous de juger !

Aboubacar sadikh Ndiaye
http://unhub.com/Sadikh/

août
19
Intelligence Economique et Business Intelligence

Intelligence Economique et Business Intelligence

Mondialisation libérale, omniprésente du risque, forte concurrence,.., sont les causes évoquées pour décrire et comprendre la ruée vers les sciences d’aide à la décision. Dans cette nouvelle démarche de mangement plus outillé – en comparaison au management de l’ère Fordienne, l’informatique occupe une place primordiale à travers notamment la Business intelligence, sous-thème ou composante de l‘intelligence économique. Un voyage au cœur de cette dynamique nous permettra de cerner l’imbrication qui existe entre ces deux notions sus-évoquées.

La nouvelle économie ou plus prosaïquement économie à dominante immatérielle s’est développée en marge de la vieille économie. Une nouvelle donne qui élève l’information stratégique en bien économique rare pour nos entreprises et organisations. Ce type de ressources rares (l’information stratégique), fait aujourd’hui l’objet d’une grande convoitise et se retrouve désormais dans le collimateur de tous les managers, cadres d’organisation qui doivent s’aligner à la nouvelle pensée unique : « apprendre à faire face ».

L’information ubiquitaire, née de prolifération des sources, nécessite de nos jours, une dynamique structurée de vérification, de validation et de valorisation pour la réussite de toute action. Cette logique fait appelle aux outils et méthodes d’aide à la décision par l’informatique décisionnelle, l’intelligence économique et plus globalement par le « management de l’organisation par l’information ».

DECISIONNEL OU BUSINESS INTELLIGENCE

C’est un terme anglais signifiant “intelligence d’affaires”, la Business Intelligence couvre l’ensemble des technologies permettant de bout en chaîne d’apporter une aide à la décision. De fil en aiguille, le mot “décisionnel” correspond simplement à la traduction française du terme BI “Business Intelligence”. Pour être aidé dans ses choix, le décideur a besoin d’une information exacte lui permettant de jauger son activité à l’aide d’indicateurs de performance clefs. Sans cette démarche critique, les décisions perdent de leur acuité ou prennent beaucoup plus de temps. Or, le décideur de la nouvelle économie dispose d’un temps de plus en plus réduit. Il y a quatre grandes étapes de la chaîne, ou du processus décisionnel :

-Extraction des données. Pour produire les indicateurs voulus, il convient d’aller chercher les données où elles se trouvent.

-Consolidation : Il s’agit d’un prétraitement.

-Traitement. En fonction d’une question plus ou moins complexe posée à l’aide d’un formulaire, l’outil d’analyse recueille la requête et confronte les données correspondantes, de façon à produire les indicateurs voulus.

-Restitution. Egalement appelée reporting, cette étape se charge de diffuser et de présenter les informations à valeur ajoutée de telle sorte qu’elles apparaissent de la façon la plus lisible possible pour le décideur.

On qualifie aussi d’informatique décisionnelle l’exploitation des données de l’entreprise dans le but de faciliter la prise de décision par les décideurs, c’est-à-dire la compréhension du fonctionnement actuel et l’anticipation des actions pour un pilotage éclairé de l’entreprise.

Les outils de la Business intelligence sont basés sur l’exploitation d’un système d’information décisionnel alimenté grâce à l’extraction de données diverses à partir des données de production, d’informations concernant l’entreprise ou son entourage et de données économiques. Ces systèmes d’informations s’inscrivent généralement dans une démarche globale prévoyant un cycle de renseignement informatique. Il semblerait que l’on retrouve un cycle de renseignement du même type, poursuivant les même objectifs d’aide à la décision dans le cadre de l’intelligence économique mais cette dernière (l’IE) ne s’arrête pas aux actions passives. L’IE (intelligence économique) est une démarche plus large.

INTELLIGENCE ECONOMIQUE

Le terme d’intelligence économique renvoie à l’importance critique pour tous les acteurs de la vie économique d’avoir une connaissance pointue de leur environnement au sens large du terme, puisqu’il faut y inclure la connaissance des politiques publiques, des stratégies industrielles de ses concurrents, le suivi des évolutions technologiques et des inventions. La bonne information permet d’avoir conscience du besoin d’une décision et de prendre celle-ci de manière optimale.

L’accès rapide et étendu à une masse énorme d’information via Internet pose à l’évidence le problème de l’intelligence économique dans des termes totalement nouveau. La question est moins l’accès primaire à l’information, que la capacité de reconnaître ce qui est intéressant et qui produit cette information. Une démarche d’intelligence économique va mettre en place des outils informatiques pour la veille, la collecte, le traitement, la sécurisation et la diffusion de l’information à travers un système d’information fiable mais elle ne s’arrête pas la car l’IE développe également des actions offensives, d’influence, de contre-influence et de Lobbying.

L’intelligence économique renvoie alors, à une démarche plus active, afin de réduire l’incertitude dans la prise de décisions stratégiques, et de mener des actions offensives, tout en restant dans la légalité.
Bien que différente de l’IE (Intelligence économique), la “Business Intelligence” a quelque chose à voir avec les processus de L’IE. On peut alors faire un rapprochement avec l’informatique décisionnelle, au sens de l’exploitation des données de l’organisation qui facilite les prises de décision des dirigeants.
La Business intelligence serait une composante de l’intelligence Economique.

Aboubacar Sadikh NDIAYE
Chroniqueur Independant

*Article publie dans le Magazine Nouvel Horizon

août
05

Envisager de procéder à une hausse des tarifs d’électricité, autour de huit pour cent. (8%) a sans doute été une mesure arbitraire pour les consommateurs et usagers du courant électrique au Sénégal. Suffisant pour que Momar Ndao et le collectif des imams de Guediawaye montent au créneau. Selon le leader consumériste et patron de l’Ascosen c’est appel au non paiement des factures ne demande, ni plus, ni moins, …, de la désobéissance civile.

Comme pour reprendre le guide Gandhi qui le 11 septembre 1906 évoquait la première campagne de désobéissance civile contre les lois discriminatoires qui opprimaient les Indiens en Afrique du Sud ; les « courant’sommateurs » et leurs associations veulent contre attaquer par cette stratégie d’action collective non-violente ( utilisée avec succès aux quatre coins du monde dans de nombreux combats pour la dignité humaine et les droits des peuples), au risque de vivre dans le noir : Satyagraha !
« Il faut que les consommateurs refusent de payer les factures. Et si la Sénélec est capable de couper le jus à quelques douze millions de sénégalais, nous retournerons aux bougies » lance Momar Ndao pour dire que le peuple est prêt a payer le prix qu’il faut afin d’affirmer leur pouvoir et faire aboutir leurs revendications. Ainsi après la marche et les manifestations de l’année dernière pour cette même cause, la stratégie actuelle des imams s’appelle Satyagraha ou « la voie de la vérité ».

Et a Gandhi de préciser que:« En appliquant le Satyagraha, j’ai découvert, dans les dernières manifestations, que la poursuite de la vérité n’admettait pas que la violence soit imposée à son opposant, mais qu’il doit être sevré de l’erreur par la patience et la sympathie. Pour ce faire, ce qui apparait comme vrai pour un doit apparaitre faux pour l’autre. Et la patience signifie souffrance personnelle. En bref, la doctrine signifie la revendication de la vérité, pas par infliction de la souffrance sur l’adversaire mais sur soi. »

Cette attitude de désobéissance civile, très légitime quelque part – à l’instar de celui qui fut mené par Gandhi et qui participa, sans pour autant en être la cause réelle, à l’indépendance de son pays – s’applique cette fois-ci légitimement à la lutte du peuple sénégalais dans le contexte d’inflation devenue insupportable.
Ce mouvement, même s’il semble a priori paradoxalement ne pas avoir été suivi en masse, a eu beaucoup d’échos auprès des gouvernants, et a suscité un certain recul de la part des autorités en charge du courant électrique au Sénégal.

De l’apologie de la désobéissance civile

L’appel des consommateurs du courant électrique entre en droite ligne dans une logique de « consumer-action » c’est-à-dire de consommation responsable, réfléchie et non de consommation pour consommer. Ainsi face a ce qui est considéré par les consuméristes comme des dérives de la société en charges de l’électricité, l’attitude adéquate demeure la réactivité par la mobilisation, la négociation, de non violence voire même de désobéissance civile. Si Gandhi l’a découvert 1907 lors de son deuxième séjours en prison. il faut dire que le terme même de désobéissance civile est de Henry David Thoreau.

Ces principes directeurs de la désobéissance civile ont fondé le concept de Satyagraha et ont permis au leader Hindo de mener sa lutte non violente contre le racisme en Afrique du Sud et de s’opposer à la politique coloniale du Royaume-Uni en Inde, puis pour l’indépendance de l’Inde.Pour Gandhi, de même que pour Martin Lutter King la désobéissance civile n’existe, à proprement parler, qu’en relation directe avec la non-violence. En effet nous pouvons constater, dans notre pays, que la dernière stratégie des imams de Guediawaye entre dans ce cadre en pratiquant la désobéissance civile sans faire usage explicite de la non-violence. Les temps changent mais le concept de la désobéissance civile garde toute sa pertinence, dans un contexte de crise ou toute confrontation physique risque d’engendrer des dégâts immenses à la charge du contribuable.

Une Action d’influence, Ni immorale, Ni criminelle.

En tant qu’action politique, la désobéissance civile est une initiative collective et organisée visant à exercer sur les pouvoirs publics une pression qui les oblige à rétablir le droit.La mobilisation autour de la question de la cherté de l’électricité est peut être une action politique. Mais les associations qui s’activent autour de cette problématique ( les imams de Guediawaye ) ont-elles aussi compétence a s’intéresser a l’art de gouverner la cite même si leurs détracteurs les cantonnent aux actions purement religieuses. Dans le cas d’espèce l’appel a la désobéissance civile est morale et est amplement justifiée. Non seulement Il s’agit d’un droit à l’objection de conscience, fondé sur l’obligation de la conscience individuelle de refuser d’obéir à une mesure injuste, mais, au-delà de cette reconnaissance, il s’agit du droit des citoyens de désobéir à la loi pour affirmer leur pouvoir et faire aboutir leurs revendications .

Aux yeux de la loi la désobéissance civile peut être considérée comme une garantie non juridictionnelle des libertés publiques. Elle n’est pas explicitement reconnue dans notre constitution. Toutefois l’article 2 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen dispose que : « Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l’homme. Ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté et la résistance à l’oppression. »

La désobéissance civile n’est pas injustifiée et aurait même un caractère citoyen car n’enfreignant pas les règles de la civilité.En ce sens le philosophe français, spécialiste de Gandhi et de la non-violence Jean-Marie MULLER nous dit : « La racine étymologique du mot civil est le terme latin civilis qui lui-même provient de civis, citoyen. Le premier sens de la désobéissance civile est donc qu’elle est une désobéissance citoyenne. Mais le terme civilis signifie plus que cela. (…) Civilis s’oppose à criminalis. »

La désobéissance est civile en ce sens qu’elle n’est pas criminelle, c’est-à-dire qu’elle respecte les principes, les règles et les exigences de la civilité. La désobéissance civile est la manière civilisée de désobéir. Elle est civile du fait qu’elle n’est pas violente. Afin de rester civique la désobéissance doit être une action de non violence.
Action d’influence, de propagande, pour le changement de la politique liée aux questions de l’électricité, l’effort de mobilisation lancé par les Imams et les associations de «courant’sommateurs» doivent toujours privilégier la force de l’argument, le refus ou la désobéissance (si nécessaire) pour le triomphe de la coopération sociale et de la non violence.

Aujourd’hui, le concept s’est étendu à travers le monde notamment par les actions de désobéissance (comme moyen ponctuel ou permanent) très médiatiques des altermondialistes ou celles des mouvements antipub,
La désobéissance civile initiée par les imams vise à appeler aux débats publics. Débat auquel les medias et les auteurs engagés ont déjà pris part a travers l’affirmation de conscience par la plume et la parole et ils prendront l’opinion publique à témoin de la justice de leur cause.

Aboubacar sadikh ndiaye

sources:Chronique “Intelligence Stratégique” du magazine Nouvel Horizon