De nombreuses entreprises accordent de plus en plus d’importance à leur réputation, image… sur le Web et cherchent à évaluer, quantifier, qualifier ce qui est devenu une part importante, lorsqu’elle n’est pas majoritaire, de leur capital. Il est difficile pour une entreprise de connaître, modifier son image sur le Web et d’autant plus, de mesurer l’écart qui existe entre l’image perçue, celle qu’elle pense donner et celle qu’elle souhaite véhiculer. Par ailleurs, l’émergence du « Web 2.0 » favorise les média citoyen (agoravox…), la contribution de chacun à divers projets qu’ils soient publics (wikipedia, wikio…) ou personnels (blogs, pages personnelles..) ainsi que l’interactivité, par l’émergence de communautés (forum, newsgroups…) et l’utilisation massive et simplifiée du multimedia.
Deux univers aux portes d’un équilibre ?
Nous pouvons ici dresser un premier constat. Les deux “univers” précédemment cités, celui de l’entreprise et du “Web 2.0″ avec l’ensemble de ces composantes, s’imbriquent de plus en plus. Chacun usant et essayant de tirer profit l’un de l’autre. En effet, d’une part, les entreprises sont incitées à plus de transparence, d’autre part les citoyens sont de plus en plus nombreux à s’exprimer sur Internet, au sujet de ces dernières. La communication de l’information est donc ce qui résulte de cette rencontre.
Les entreprises, françaises en grande majorité, commencent à investir le terrain de jeu qu’est Internet pour surveiller ce qui ce dit, agir, réagir, être pro-actives voire fédérer des communautés autour de leur marque… Alors que les entreprises, quelques soient leur nationalité, prennent le train en marche ou occupent le terrain, ne s’en dessine-t-il pas une nouvelle ?
Le mouvement vient du déséquilibre
Le « Web 2.0 » évolue constamment. Les réseaux sociaux prennent de l’ampleur, les outils collaboratifs gagnent en simplicité, les interactivités sont de plus en plus croissantes, le multimedia profite des connexions toujours plus puissantes, le monde est cartographié ainsi que l’espace… Arrêtons notre réflexion sur les points ci-dessus et tentons de voir quel déséquilibre peut être engendré à la vue de tous ces éléments.
Nous pouvons mettre en relation notre monde cartographié, tel que le présente “Google Earth” et des outils collaboratifs afin de permettre aux internautes d’annoter certaines parties du globe avec certaines informations visibles sous forme de pop-up par exemple.
Si à cela, nous ajoutons la dimension “réseaux sociaux” qui permet de créer des communautés, sans frontière, avec des centres d’intérêt, voire de gravité, communs, on constate que la somme d’informations potentielles pouvant être mises en commun est relativement conséquente. Ainsi sur un thème donné, l’information relative, à ce dernier, peut être présentée instantanément à l’internaute, représentée à l’échelle mondiale, complétée, enrichie, modifiée, actualisée…
En outre, la vision de l’information sur un globe représentant la terre peut avoir un impact fort sur l’internaute. Pour renforcer cela, le multimedia a son rôle à jouer. A la présentation d’informations relatives à un point précis du globe terrestre peut s’ajouter celles de vidéos et/ou fichiers audio. Nous avons vu, que les entreprises veillent ce qui se dit sur elles sur Internet par des sources, des vecteurs, des canaux différents…
Imaginons dès lors, notre vision, du globe terrestre annoté, complété de fichiers multimedia enregistrés ou diffusés en temps réel par une Organisation Non Gouvernementale défendant l’environnement prenant pour cible une entreprise en particulier. Ses membres répartis à travers le monde annotent leur région du globe avec ce qu’ils voient, lisent dans la presse locale…, usent l’image ayant un fort impact émotionnel mettant en cause l’entreprise cible, établissent des liens vers d’autres thèmes mettant en cause l’entreprise etc.
Un des premiers déséquilibre qui vient à se créer est celui entre la force de frappe d’une ONG, de par la répartition de ses membres sur la planète…dans notre exemple, et d’une entreprise pour être proactive et y répondre si besoin. Un autre déséquilibre qui peut se créer est celui entre l’ampleur et la puissance que peut avoir une campagne de désinformation par ce biais auprès d’une entreprise, un Etat… et la manière d’y répondre.
Conclusion
La mise en cartographie, interactive, de l’information par thème ou sujet, amène à prendre en considération, que dans les années à venir le paysage informationnel – village planétaire informationnel – évoluera encore et deviendra réellement global et mouvant. Les Etats et/ou entreprises et/ou organisations ont-ils envisagé cette vision des choses alors qu’ils “commencent” à réellement mesurer l’importance des blogs, forums… ? Si oui, comment s’y préparent-ils pour en être les acteurs et non cibles ?
Vincent Munier
Sources:infoguerre.fr/