E=mc2
Les lois économiques sont vraies durant une période donnée, et dans un espace déterminé. “Les caractéristiques de l’économie féodale, note Michael Goldhaber, diffèrent de manière notable du paysage de l’ère industrielle, avec ses grandes villes, ses usines fumantes et ses rails, ses canaux, ou ses autoroutes”. Et cette réflexion est confirmée par la transition vers le Cyberspace qui accomplirait une révolution du même type, changeant l’économie, en bouleversant les interactions entre tous les habitants de la planète. Les hommes ont changé leurs manière de vivre, de se comporter, d’échanger, bref de commercer. On est dans une nouvelle économie se fondant sur l’immatériel et sur l’information plus précisément.
Penser que la “Nouvelle Economie” est basée uniquement sur l’information, serait faux car cette matière première ne peut pas suffire à fonder une économie, puisque toutes les économies se sont bâties sur la rareté et que, sur Internet, on souffre plutôt d’une surabondance de données et d’informations. Pour certains, “autre chose” fait bouger Internet et l’économie virtuelle: l’attention. Or, l’attention est, par définition, une ressource rare. Elle est donc propre à servir de “force directrice” à une nouvelle économie qualifiable d’”économie de l’attention”.
Ainsi cela va de l’attention portée à ce flux de données ou d’information pour en disséquer au bon moment la composante stratégique à forte valeur ajoutée, à l’attention que l’organisation doit porter à l’homme en tant que porteurs de ressources rares comme la compétence.
Ce domaine concerne en premier les gestionnaires ayant des objectifs et utilisant des ressources, ensuite il concerne les gestionnaires d’équipes quelque soit leurs niveaux hiérarchiques dans l’organisation et enfin les gestionnaires des ressources humaines.
Ainsi cette attention, ressource rare doit désormais être au cœur de tout management des ressources humaines dans le contexte de la nouvelle économie, une telle démarche présente plusieurs intérêts.
En effet cette exigence est relative bien évidemment au contexte de la mondialisation du nouveau régime de croissance qui interpelle nos pays que l’on se plaît à caractériser par cette fausse réalité de leur « émergence. »
L’analyse de plusieurs travaux permettent aujourd’hui d’effectuer un tour d’horizon sur les approches du management des ressources humaines face au passage du régime de croissance des premières générations (comme le régime fordien) vers un nouveau régime de croissance mondialisé à dominante immatérielle (économie fondée sur la connaissance, généralisation de la relation service).
Cette économie actuelle que nous avons nommée « nouvelle économie », se fonde sur une valeur immatérielle au détriment du capital physique avec les places qu’occupent la connaissance, la compétence, l’intelligence collective, le capital humain et l’homme d’une manière générale. L’homme, au centre de toutes les préoccupations dans l’organisation est le moteur du changement, le levier sur le lequel il faudra s’appuyer pour conduire le changement et assurer l’efficacité et l’efficience ; d’où l’importance d’une grande attention à son égard.
Et c’est là qu’intervient le management des potentiels, des compétences, et le management des hommes d’une manière générale avec l’optimisation de l’intelligence de groupe, le travail collaboratif, le re-engineering, le knowledge management et la formation.
Le management de la ressource « homme » a donc pour rôle d’investir dans la recherche, le recrutement, l’intégration, la dynamisation et la fidélisation des ces autres ressources rares, ces fameux HP (hauts potentiels) dont la nouvelle organisation a besoin pour être rentable ; ces hommes, une fois intégrés, produisent eux mêmes des micro-organisations permettant de mettre en œuvre des actions collectives. Et réciproquement ces organisations contribuent à produire les individus dont elles ont besoin pour assurer leur reproduction.
La communication a une place importance dans ce processus car plus que stratégique elle est décisionnelle et permet d’établir la nouvelle structure de l’organisation fondée sur la notion d’acteurs au détriment de celle d’employés. La communication devient bidirectionnelle avec la disparition des lignes hiérarchiques et l’émergence du management participatif et du projet d’entreprise.
Dans cette nouvelle économie ou NET économie, la communication intervient au plus haut plan avec son apport dans l’élaboration de la culture d’entreprise et la mise en place de l’identité propre à chacun des ces acteurs qui se constituent en collectivités (souvent virtuelles) ; des collectivités dont les origines et les réalités diffèrent et qui exigent un bon management multiculturel pour que l’organisation puisse tirer profit de ce melting-pot.
Pour ces acteurs, communiquer c’est être : « des communautés qui n’existent que par la communication et des acteurs dont l’essence n’est que communiquer »
Cette communication doit aller avec la motivation et la compétence pour permettre à l’organisation d’assurer la création de valeur ajoutée et l’efficience. Ce qui nous amène à dire que quand la science réinvente l’organisation, la nouvelle économie convoque la physique avec A.EINSTEIN et sa fameuse formule E=MC2. Formule dont le Physicien nous révèle dans un entretien imaginaire une signification secrète.
E = M * C2
EFFICIENCE = Motivation * Communication *Compétence
L’efficience dans la nouvelle économie est facteur de la motivation, de la communication et de compétence ; si l’un des facteurs est nul, le produit est nul.
Cette recherche de l’efficience et sa gestion nécessite un management du capital humain qu’est l’homme, (la gestion de ses savoir, savoir-être et savoir-faire, de ses performances), la gestion de carrière, la dynamique de groupe et une forte communication ; ce qui revient au Management des ressources humaines.
La dématérialisation, l’outsourcing et la désintermédiation de l’ensemble de nos activités économiques constituent donc bien un changement de nature de l’économie elle même et nécessitent l’adoption rapide de nouveaux outils d’analyse et de prospective si nous voulons penser et prospérer dans cette « économie d’après » ( Post transition démographique, post pétrole, post industrielle).
L’émergence de managers de types nouveaux marquera sans doute un tournant dans l’évolution de la perception que les autres systèmes et modèles ont de l’homme.
L’atteinte des performances dans l’économie immatérielle marquée par la quatrième génération d’entreprises où le contexte reste post-taylorien et post-fordien (Taylor et Ford), nécessite une vision nouvelle du management des hommes, vision centrée sur la motivation, la communication et la compétence.
A.S.N
Consultant
Publie dans la Sentinelle
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