La « Mecque de la finance » convertit le monde capitaliste à l’interventionniste.
Bientôt on ne parlera plus du 11 septembre mais du 15 septembre, qui marque le début de l’un des plus grands choc financier que l’ordre mondial est jamais connu. Après la reprise de Merrill Lynch par Bank of America pour 50 milliards de dollars, la crise a précipité la prolifération rapide du climat de défiance vis-à-vis des banques et des assurances au pays de l’oncle Sam. Avec l’effondrement successives et la faillite des plus grosses pointures de Wall Street ainsi que la descente aux enfers dans toutes les places boursières de Paris à Tokyo, c’est la panique généralisée chez les courtiers, traders, investisseurs, gestionnaires de titres et chez les hautes autorités gouvernementales afin d’éviter le pire.
C ‘est la faute aux sorciers de New York disent ils. C’est eux, ils ont misé et ils ont perdu et c’est le contribuable qui payent de leurs erreurs .Cette phrase prononcer par un détracteur du plan Paulson explique pourquoi ce plan a été recalé lors de son premier vote. Ce point de vue partagé par les défenseurs du capitalisme pur fondé sur l’économie de marché ou le néolibéralisme a toujours fait la fierté d’une Amérique conservatrice. Le capitalisme libéral a été touché et les états ne peuvent pas ne pas intervenir.
Tout a commencé en 2007 alors qu’émergeait une nouvelle vision du risque chez les malins de la « Mecque » de la finance du cote de Wall Street. Cette nouvelle « pensée financière » fondée sur le crédit hypothécaire à risque a fini par devenir une sorte de mode chez les malins de New York. Leur seul justificatif fut une phrase : « Et puisque les prix de l’immobilier ne cessent de grimper, on n’a pas grand chose à craindre donc pas besoin de véritables garantis ou de clients solvables ». Cette attitude qui supposait garantir un risque sur un autre risque a fini par faire effondrer toute la sphère financière .
La crise des « subprimes » a été l’une des plus grosses bêtises de l’histoire de la finance et ses conséquences ont touche aussi bien les secteurs boursiers que non boursiers. Le risque de contagion sous estime au départ a été comme un ouragan aussi dévastateur que tout ce l’Amérique a connu de tel. La chute de Lehmann Brothers, le sauvetage de AIG et la journée de panique du 15 septembre, suivit par les 36 heures qui ont enflammé Wall Street, a nécessité une sorte de Plan Marshall, afin d’apporter des réponses concertées aussi bien en Europe qu’aux USA.
Au Usa c’est le plan de sauvetage du républicain Paulson, adopté et promulgué par Bush pour un montant de 700 milliards de dollars. Ce plan adopté à son deuxième passage à la chambre des représentants ne semble pas suffire face à la crise qui ne cesse de prendre des allures de Chao financier irreversible. Ainsi plusieurs autres mesures ont été prise notamment la décision ce mercredi de la réserve fédérale Amérique de prendre des mesures destinées à faciliter l’emprunt des banques à son guichet d’escompte.
A Tokyo c’est l’injection de plus de 3000 milliards de yens (19,5 milliards d’euros) dans le système bancaire du pays pour aider les institutions financières à faire face au manque de liquidités et pour soutenir les places boursières volatile.
Dans l’union européenne à la suite de la mobilisation totale avec le mini sommet du G4 c’est une série d’actions non encore uniformisées mais tout de même efficaces. Dans ce sens des autorités comme Berlusconi appelle à un plan de sauvetage des 25 pour venir à bout de cette crise qui a touché toutes les places boursières européennes et qui a causée une série de faillites d’établissements financiers en Allemagne, en Belgique, et au Benelux. Par ailleurs les ministres des finances des états européens réunis le mercredi au Luxembourg ont décidé d’harmoniser leur position pour soutenir les dépôts des citoyens .
En Angleterre c’est également un interventionnisme étatique avec un plan qui vise à nationaliser plus de 8 banques en difficultés. En plus de ces actions Gordon Brown lui aussi appelle à une collaboration pour un plan de sauvetage européen en plus des plans nationaux de recapitalisation.
En Afrique si l’activité boursière n’est pas aussi intense il faut dire quelques places boursières en Egypte et au Nigeria ont connu des baisses dans la journée du mercredi. Concernant le reste du continent il n ya presque pas de menaces sur les secteurs financiers mais les impacts de la crise toucheront sans aucun doutes les secteurs non financier et non boursier.
Dans les pays émergents ce n’est pas encore l’état d’urgence. En ce sens les pays qui composent le cigle Bric (un acronyme pour désigner le groupe de pays formé par le Brésil, la Russie, l’Inde et la Chine) comme le Brésil ou la chine risque de jouer un rôle stratégique si la crise empire. Dans ces pays qui mobilisent la majeure partie des investissements et des fonds de capital risque, c’est peut être le vivier vers lequel le monde se tournera en cas de pénurie de cash ou de liquidités.
Si aujourd’hui la croissance mondiale risque d’être affecter par cette tempête boursière selon le Fmi, Dominique Strauss-Kahn parle lui d’une sortie de crise prochaine avec une reprise lente. Cette croissance mondiale va être tirée selon lui par les pays émergents.
Le jeudi 09 octobre a l’ouverture des bourses c’etait la lueur d’espoir avec le Dow Jones qui avait fait un rebond significatif au même titre que la valeur des indice technologique le Nasdaq. Ce petit rebond a du coup installé un calme sur les marchés boursiers, ouverts à la hausse en Europe, après l’appel au calme des responsables internationaux et à la veille de grands rendez-vous financiers à Washington.
Cependant cette accalmie n’a pas durée. Apres une légère hausse à l’ouverture, la Bourse de New York s’installait dans le rouge jeudi dans l’après-midi, dans un marché toujours en manque de confiance alors que le Dow Jones perdait 2,03% à nouveau et le Nasdaq 1,36% dans la même soirée.
En Europe, la place de Londres a terminé en recul de 1,21%, Francfort de 2,53%, Paris de 1,55%.
En Asie, Tokyo a clôturé en petite baisse (0,50%) meme si Hong Kong a gagné 3,31% et Singapour 3,40%.
Et cette journée du vendredi sera cauchemardesque avec les marchés boursiers du monde entier qui restent encore sous l’emprise de la panique du fait qu’hier soir Wall Street a connu une séance particulièrement ‘ noire ‘ et la contagion a déjà commencé à faire ses effets avec la chute vertigineuse dans toutes les places bourses à l’ouverture.
Ce matin déjà en Asie l’indice Nikkei de la Bourse de Tokyo a terminé sur un plongeon de 9,62%, sa pire chute en pourcentage en 21 ans, au moment ou l’indice de la Bourse de Bombay en Inde plongeait de 9,6%. Dans le sillage des places asiatiques la crise du crédit a fait sa première victime parmi les institutions financières japonaises avec la faillite de Yamato Life Insurance.
En Allemagne la Bourse de Francfort chute de plus de 7% ce vendredi alors qu’ à Prague et à Athènes les Bourses ont ouvert en chute dans les premiers échanges.
Pour le reste de l’Europe les Bourses de Paris, de Milan, de Madrid et de Londres s’effondraient à l’ouverture, ces places boursières n’ont fait que suivre la chute de Wall Street et des places asiatiques, sur fond d’anxiété persistante des investisseurs.
Ce week-end s’annonce très chargé à Washington ou les responsables du G7 (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Italie et Japon) s’y réunissent depuis vendredi pour discuter des moyens de “renforcer (leurs) efforts collectifs” face à la crise.
Et dans la même dynamique Washington accueillera également à partir de samedi des réunions du Groupe des 20 (G20), rassemblant les ministres et banquiers centraux des principaux pays riches et émergents, et les réunions d’automne du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale.
Alors que s’organisent ces rencontres du G7, les deux leaders démocrates du Congrès américain Nancy Pelosi et Harry Reid ont demandé au président George W. Bush de convoquer un Sommet de crise du G8. Pour eux M. Bush doit assumer le leadership que “le peuple américain et le monde” attendent des Etats-Unis. Pour eux, la réunion que le président a prévue samedi avec les ministres des Finances et banquiers centraux du G7 n’était pas suffisante.
Apres avoir pendant des années donné des leçons de libéralisme et de bonne gouvernance lors des G7, il faut dire que cette fois ci les Etats-Unis sont en position d’accusé dans la crise mondiale et ils risquent d’avoir du mal devant ces partenaires.
Née du secteur du crédit immobilier américain, la crise du “subprime” ne cache plus son impact négatif sur les secteurs non bancaires aux Etats-Unis, et dans le monde. La question que l’on pose est celle de savoir jusqu’à quel point la crise des “subprime” affectera le reste de l’économie de ce contexte de repositionnement de la social-démocratie ou de l’état providence qui n a pas encore terminé de s’interroger sur les capacités du marché à se réguler seul.
La redaction
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